-
-
Notions d' optique
-
-
-
-
-
-
-
-
|
|
Qu' est-ce qu 'une bonne optique?
:
|
- Avant
tout, dans cette partie sur les notions d'optique, je ne parlerai
que des miroirs de télescopes et non pas des objectifs de
lunettes que je ne connais pratiquement pas pour l'
instant.
- J'ai
derrière moi une expérience de plusieurs
années et la taille de plusieurs dizaines de miroirs de
télescope.
- Riche
de cette expérience je peux dire sans me tromper que chaque
optique est unique et que le travail de l'optique ne pardonne pas
le moindre défaut, la sanction est pratiquement
immédiate en observant une étoile ou une
planète.
- J'ai
encore beaucoup de choses à apprendre, mais c'est ce qui
rend ce domaine si passionnant pour moi.
-
-
Pour moi il y a
deux moyens complémentaires pour savoir si une optique tient
la route:
- tout d'abord en
observant la tache de diffraction d'une étoile, ce qui
permet de savoir si l'optique est bien corrigée
de l'aberration de
sphéricité, le moyen est très simple à
mettre en oeuvre puisqu' il s' agit d'observer l'aspect que prend
la tache de diffraction en position intra focale et en position
extra focale, voici quelques aspects que l'on rencontre le plus
fréquemment:
-
-
- Position intra focale - mise au point - position
extra focale
|
|
|
Premier cas, le meilleur bien sûr !,
les images intra et extra focales sont
identiques, l'optique est bien corrigée
de l'aberration de sphéricité,
l'anneau extérieur est toujours plus
épais que les anneaux intérieurs.
|
- Deuxième cas, le plus
fréquent à mon avis!, en
position intra focale le dernier anneau est
irisée et donc beaucoup plus
épais, en même temps les anneaux
intérieurs deviennent plus flou, ce
cas est un défaut de bord rabattu,
bien sûr cette aspect sera plus ou
moins prononcé suivant
- l'importance du défaut.
|
|
Troisième cas que l'on trouve
principalement sur des télescopes de
l'industrie dont les optiques sont en principe
sphériques et fabriquées à
la machine, nous trouvons l'effet inverse, c'est
à dire un bord relevé.
|
|
-
- Si vous avez le
premier cas vous devez pouvoir apercevoir la tache d'Airy en
effectuant une bonne mise au point et si le ciel le permet vous
verrez l'étoile entourée de un ou deux
anneaux,
- ne pas
hésiter à pousser les grossissements jusqu' a 600 ou
800 fois.
- Si le premier
test est positif on peut passer au second test, observation sur
une planète, de préférence Jupiter. Choisir
une nuit avec de bonnes conditions (ciel transparent et peu de
turbulences ) même si il y a un peu de turbulence, il y a
toujours quelques trous et si à ce moment là, il y a
des détails qui vous sautent aux yeux c'est
déjà prometteur! De toutes façons, là
aussi pousser le grossissement au minimum à 400 fois, ne
pas oublier d'effectuer une bonne collimation du système
optique, la planète doit avoir des contours nets, plusieurs
bandes doivent être visibles, on doit sans forcer voir des
détails dans les bandes principales et bien sur voir
différentes teintes de couleurs sur la planète. Si
le miroir ne présente pas de défauts au niveau de sa
forme d'ensemble, cela ne veut pas dire que l' image sera bonne
pour autant, il y a un autre aspect qui favorise ou non l'image,
c'est celui de l'état de surface. Si sur la planète
peu de détails sont visibles, que l'on n'a du mal à
faire la mise au point, que la planète diffuse de la
lumière autour d'elle, que l'ont à un certain manque
de contraste et un manque de couleur, l'optique à un
problème au niveau de l'état de surface. Les deux
principaux problèmes sont le mamelonnage et le
micromamelonnage.
Le mammelonnage est
facilement repérable à l' appareil de foucault (
à condition d' avoir une source lumineuse assez puissante), il
se présente sous forme d' irrégularités sur la
surface du miroir.
|
Sur cette
image le miroir présente du mammelonnage assez
important
|
Ici un
miroir ne présentant pas de mammelonnage, la surface
est douce et régulière.
|
|
|
|
Le micrommamelonnage est
décelable en remplaçant le couteau de l' appareil de
foucault par une lame de phase.
|
Même miroir que sur la photo
du haut, le micrommamelonnage est parfaitement visible ainsi
que des rayures.
|
Au contraste de phase la surface
reste lisse, ici le miroir est au alentour de 5
angströms.
|
|
|
|
-
-
-
|
|
Les différents
critères:
|
L'opticien,
lorsqu'il fabrique une optique, doit lorsqu'il fait le travail de
finition respecter certains critères. Il doit amener la forme
d'ensemble de l'optique à certaines valeurs tout en essayant
au maximum de limiter tous les petits accidents de surfaces (
rayures, mamelonnage et micromamelonnage), voici les
différents critères imposés:
- Le
critère Rayleigh: c'est celui qui définit le pouvoir
séparateur d'une optique.
- Le
critère de Couder: tous les rayons lumineux en provenance
de toute la surface du miroir doivent converger à l'
intérieur du disque d'Airy.
- Le
critère de Françon: stipule que l'optique doit
être à lambda/16 au minimum.
-
-
|
|
La déformation des
surfaces:
|
Pour satisfaire
tous ces critères la théorie nous impose des formes
à donner aux surfaces optiques
- Cas pour les
miroirs de télescopes Newton:
Dans la plupart des
cas, un miroir de télescope ne donnera pas de bonnes images au
foyer si on laisse la surface optique sphérique.
- Cas
du miroir sphérique
Le problème
avec un miroir sphérique c'est que tout les rayons issus de la
surface optique n'arrivent pas au même endroit au foyer, ce
défaut sera d'autant plus accentué que le rapport F/D
du miroir sera court, c'est ce que l'on appelle l'aberration de
sphéricité.
Les rayons issus du
bord du miroir vont arriver sur l'axe du miroir avant les rayons
issus du centre du miroir, le foyer s'étale donc et il ne sera
pas possible de faire la mise au point, l'image restera flou!
- Pour
résoudre ce problème l'opticien aura un recours,
celui de déformer la surface, c'est la parabolisation. Le
principe est
- d'évaser
le miroir selon des valeurs bien précises, pour que tous
les rayons lumineux en provenance de la surface optique arrivent
dans un point de quelques microns de diamètre.
-
- Cas
d' un miroir parabolique
- La
déformation sur la surface optique est ici fortement
amplifiée, dans la réalité la parabole
engendrée sur la surface de l'optique est de l'ordre de
quelques microns. Cette courbure doit être très
précise et être parfaitement régulière
sur l'ensemble de la surface du miroir.
- Cas du
secondaire cassegrain:
- Un secondaire
cassegrain est un véritable miroir, au même titre que
le miroir primaire.
- La
précision de cette petite pièce doit être
aussi bonne que le miroir principale. Son rôle est de
récupérer tout les rayons lumineux du grand miroir
et de multiplier le rapport F/D du primaire dans de bonne
proportions et ainsi d'avoir des rapports d'agrandissement
multiplié par 4, 5 ou même 6.
- La aussi si
nous laissions ce miroir convexe sphérique l'image serait
mauvaise au foyer du cassegrain. le miroir primaire est
corrigé pour donner de bonnes images en son foyer Newton et
non au foyer du cassegrain. Là encore il va falloir
déformer la surface du secondaire dans des proportions
très précises, c'est ce que l'ont appelle
l'hyperbolisation, cette déformation est
- l'inverse de la
parabolisation, cette fois-ci il ne s' agira pas d'évaser
le miroir mais le contraire.
- Les
déformations sont fortement amplifiées pour la
compréhension.
-
-
|
|
Les moyens de contrôle:
|
Le moyen de
contrôle le plus connu pour mesurer la forme d'un miroir
parabolique est l'appareil de Foucault
-
- L' appareil de foucault permet
non seulement de mesurer la surface d' un miroir de
télescope, mais aussi d' apprécier visuellement l'
état de surface. Le principe de l' appareil de foucault est
assez simple, il s' agit de ce placer au centre de courbure
(double de la focale) du miroir à analyser et d' envoyer
une onde lumineuse vers l' optique et après
réflexion de la couper avec le couteau.
-
-
- Voici ce que l' on voit en
plaçant l' œil derrière le couteau de l' appareil de
foucault.
-
- L' appareil de foucault permet
aussi de voir des défauts de surfaces de très petits
amplitudes, en remplaçant le couteau par une lame de
phase.
-